Le tram-fret à l’essai à Paris

Insérer un tram transportant fictivement des marchandises dans le trafic voyageurs : tel était le pari de l’Apur (Atelier parisien d’urbanisme), qui a fait circuler un tram-fret sur le réseau T3, pendant près d’un mois, sans perturber la circulation quotidienne des voyageurs.
L’objectif ? Réintroduire le fret ferroviaire au cœur des villes, afin d’encourager l’utilisation du rail, conformément aux exigences du Grenelle. Pour Christophe Keseljevic, chargé de mission veille technologique et recherche chez Réseau Ferré de France, « l’économie de transports est sans cesse à la recherche de nouveaux modèles, plus écologiques, et voit dans l’utilisation des transports en commun pour le fret une réelle opportunité ».
Favoriser le report modal au sein des villes
Un million de livraisons quotidiennes sont effectuées en Ile-de-France, dont 90 % transitent par la route. Dans une perspective de verdissement de l’économie de transport, l’utilisation du tram-fret apparaît donc comme une solution innovante et vertueuse pour amener le fret dans les villes, sans utiliser le camion.
Le système a déjà fait ses preuves, notamment en Allemagne, à Dresde, où un tram-fret relie deux usines Volkswagen mitoyennes du réseau de tramway. En France, le transport de fret sur les lignes de tram était également utilisé jusqu’à l’entre-deux guerres.
Le test effectué à Paris confirme la possibilité de réintroduire le modèle, en combinant transport de voyageurs et transport de fret au sein du réseau urbain de tram. Fort d’une capacité de 80 tonnes (l’équivalent de trois semi-remorques), le tram-fret permet en outre une plus grande ponctualité dans la livraison des marchandises, à l’inverse de la route soumise aux aléas des embouteillages.
Un modèle à l’étude
L’objectif consiste maintenant à étudier la faisabilité du projet et à poser les bases d’un modèle économique. Un comité de pilotage a été mis en place, regroupant la Ville de Paris, la RATP, le Stif, la région Ile-de-France et l’Ademe.
L’Apur va également lancer, d’ici début 2013, une étude auprès des chargeurs afin d’évaluer la demande.
L’introduction du modèle dans l’agglomération parisienne nécessiterait des adaptations logistiques et réglementaires, et notamment la création de plateformes en périphérie des villes et à proximité des zones de consommation, et d’embranchements pour les raccorder au réseau de tram.
Mais l’opportunité apparaît d’autant plus intéressante que l’Ile-de-France se dote actuellement d’un réseau de tramways qui dépassera les 100 km.
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