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18/02/2010

Questions à Gabriel du Plessis, directeur du Projet GSM-Rail


 

Pouvez-vous nous rappeler rapidement ce qu’est le GSM-R ?

Le GSM-R est un réseau privé de radio téléphonie ferroviaire. Il utilise exactement la même technologie que les opérateurs de téléphonie grand public, mais c’est un réseau privé, uniquement accessible au monde ferroviaire. L’option « R », activée dans le GSM-R, permet de bénéficier de deux fonctions particulières. Tout d’abord le mode « conférence », qui donne la possibilité à un régulateur d’appeler un groupe de train dans une zone donnée. Ensuite, la gestion de la priorité des appels, notamment utilisée pour mettre en priorité 1 les alertes radios à destination de tous les trains d’une zone pour signaler, par exemple, un obstacle sur la voie. En outre le GSM-R est normalisé au niveau européen et donc interopérable dans toute l’Europe, et même au-delà, car le GSM-R est sur le point de devenir une norme mondiale. Quand je dis interopérable, cela signifie que les trains équipés de GSM-R peuvent, avec la même radio en cabine, circuler dans toute l’Europe, là où le réseau est équipé. En Europe, le GSM-R, déployé aujourd’hui dans 17 pays, remplacera 35 systèmes radio différents et non compatibles… 

Où en est-on dans son déploiement ?

Nous avons commencé le déploiement du GSM-R en 2004 grâce à une ligne pilote suivie de toute la zone Nord Est de la France. Concrètement, nous avons installé un cœur de réseau (un central téléphonique électronique). Puis nous avons équipé toutes les lignes à raison d’un site radio tous les 6 km en moyenne sur 2700 km dans tout le Nord Est de la France. La zone couverte est un rectangle entre Paris et Laon, Laon et Strasbourg, Strasbourg et Bâle et enfin Bâle et Paris en passant par Troyes. La suite du déploiement va se dérouler en Partenariat Public Privé (PPP) avec le contrat que l’on vient de signer pour les 12000 km qu’il nous reste à équiper, ce qui nous permettra de disposer au total d’un réseau d’environ 14 000 km. Cela correspond à la surface actuellement couverte par la radio sol train analogique, un système aux fonctionnalités similaires, avec cependant une fiabilité moindre et l’impossibilité de transporter les données de l’ETCS, le système de Transmission Voie Machine (TVM) normalisé au niveau européen.

En quoi cette signature est-elle importante pour le secteur ferroviaire ?

C’est d’abord le premier Partenariat Public Privé ferroviaire. C’est aussi pour l’instant le PPP du plus gros montant signé en France à ce jour (avant que ceux pour la LGV Sud Europe Atlantique ou la LGV Bretagne Pays de Loire ne soient signés). C’est important en termes de démonstration de faisabilité d’un PPP, pour les LGV en cours de consultation, et puis peut-être pour d’autres sujets ultérieurement.

Le deuxième point d’importance, comme abordé précédemment, est la modernisation du réseau ferroviaire français avec une radio fiable, interopérable, qui permet de transporter les données de l’ETCS. Le service des nouvelles technologies a pour objectif une mise en service de l’ETCS sur la LGV Est Européenne en décembre, et ce ne sera sûrement qu’un début. 

Quelles sont les prochaines échéances ?

Dans un mois aura lieu la parution du décret de mise en vigueur du contrat de partenariat. C’est un décret qui est pris en Conseil d’Etat. Cette parution sera le point de départ de tous les calendriers contractuels de Synérail (nom commercial du « PPPiste »).

Dans un an : c’est la durée contractuelle pour que Synérail audite les 2700 km du réseau actuel : ils vont vérifier que les objectifs de fiabilité qu’on leur a imposés sont effectivement tenus par le réseau actuel et le reprendre en exploitation. Ce sera donc la première fois qu’une exploitation-maintenance (aujourd’hui confiée à la SNCF pour le compte de Réseau Ferré de France) sera transférée au secteur privé. C’est une des multiples innovations de ce PPP GSM-R

Dans 2 ans 1/2 : ce sera la livraison et la mise en exploitation du premier brin construit par Synérail. C’est une échéance importante car ce PPP fixe une subvention initiale de seulement 15 %, ce qui signifie que Synérail prend un risque financier correspondant à 85 % du montant tant qu’il n’a rien livré qui fonctionne.

Dans 5 ans : c’est la livraison du dernier brin. Dans 5 ans nous aurons donc 14 000 km équipés de GSM-R.

Dans 15 ans : c’est la fin du contrat de partenariat. Un appel d’offres aura donc lieu quelques mois auparavant pour renouveler le contrat qui deviendra alors un contrat d’exploitation et de maintenance du GSM R.
 

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